En ce qui me concerne, la fatigue du 3e jour se fait bien ressentir ce matin.
Premier petit souci: l'hématome de mon orteil gauche. Visiblement le port de chaussettes de running, qui ont l'avantage de compresser légèrement le pied quand on court, est incompatible avec les chaussures de randonnée. Et oui, les chaussettes de running ça existe, incroyable mais vrai, il y a même inscrit dessus un L et un R pour savoir à quel pied on les porte.
Tant pis, je renonce aux chaussures de randonnée et sors mes vieilles tennis de course, qui feront bien l'affaire. Au passage merci Karine pour ton conseil, sans toi j'étais démunie.
Un deuxième souci apparaît : un début de sciatalgie pointe le bout de son nez à droite. Je me tartine de lumbalgine avant de partir, ça devrait faire l'affaire.
Pour finir un troisieme souci apparait rapidement quand je marche : les muscles stabilisateurs de mon pied droit n'étant plus soutenus dans la chaussure de randonnee commencent à tirer. Souvenirs d'une ancienne entorse. Heureusement il y a la lumbalgine (pommade miracle). Et le chemin est moins difficile que les jours précédents : le paysage s'adoucit, la côte est moins escarpée et les pentes sont plus légères.
Première victoire du jour nous réussissons à partir avant 9h. 8h58 exactement.
Pour rejoindre le sentier côtier nous coupons à travers prés et Landes.
Trajet facile, il suffit de suivre mon guide, qui porte un joli nom, Nicolas.
Deuxième victoire du jour, nous atteignons la plage du Loch, lieu de notre première pause, en un peu plus d' une heure, comme prévu..
Une micro-baignade, et c'est reparti pour la plage de Tugen, à environ une heure de marche.
Mais je commence à fatiguer, et il fait de plus en plus chaud. On s'arrête à l'ombre d'un muret. On contemple la mer, les chevaux et les oiseaux.
Plus que 20 minutes de marche avant la plage. Ouf, la voilà qui apparaît au loin.
Mon guide infatigable s'y engage. Là je m'aperçois que cette plage est grande, elle est même très grande, et visiblement Nicolas (de plus en plus lointain) ne semble pas vouloir s'y arrêter tout de suite.
Brusquement résonnent dans mon cerveau les paroles de l'âne de Shrek : on est presque arrivé? L'image de l'âne est bientôt remplacée, étrangement, par celle de Tintin traversant le désert dans le crabe au pince d'or. Serait-il possible qu'un hydravion apparaisse miraculeusement pour me sauver ? Pendant ce temps, Nicolas, imperturbable, continue de longer cette plage infinie, agrandissant ainsi la distance qui nous sépare.
Il prend le temps de photographier les surfers et les bateaux, mais rien n'y fait, l'écart entre lui et moi me semble immense. Je décide finalement, avec la vague impression d'être ridicule, de lui téléphoner. Au ton de ma voix, il comprend mon désarroi et organise une pause pique-nique à l'ombre. Je le rejoins, décrète misérablement que je n'ai pas faim, puis me jette sur le saucisson italien et le chèvre de Plogoff.
Nicolas part se baigner, moi aussi. L'eau est vraiment bonne mais il n'y a trop de courant pour réellement se baigner.
Après cette pause vraiment reconstituante, il ne reste plus qu'une bonne heure de route pour atteindre la chambre d'hôtes à Audierne.
L'avantage quand on marche sur la route c'est qu'on avance plus vite, l'inconvénient c'est qu'il y fait encore plus chaud.
Mais un quart d'heure avant l'arrivée, je me mets à avoir très mal au dos, à tel point que je n'arrive plus à avancer.
Ça n'arrête pas Supernini, qui décide de porter les deux sacs pour la fin du trajet. Alors forcément du coup j'arrive à le suivre... devant la grille du gîte je reprends mon sac pour ne pas avoir trop la honte.
Quand on arrive, l'hôte doit remarquer assez rapidement que nous sommes écrasés de chaleur et un peu épuisés.
Heureusement il y a une douche, le Tour de France à la télé, et les café gentiment proposés et servis par le propriétaire.
Après l'arrivée du Tour, je suis complètement requinquer, je propose donc à Nicolas d'aller boire une bière sur le port d'Audierne.
Nous y allons tranquillement, puis décidons de manger ensuite au restaurant. Je choisis le plus gastronomique, la gamelle, qui se trouve à 90 m du bar. Il y a du poulpe au menu, c'est la principale (et peut-être la seule, au fond,) raison de mon choix.
Ce restaurant est vraiment délicieux, dans la recherche d'associations surprenantes de saveurs. Nico se contente d'un plat, je prends 2 entrées et un dessert.
On remonte tranquillement jusqu'a notre chambre. SuperNini passe 1 heure à réagencer les sacs à dos pour que le mien soit le plus léger possible, pendant que je fais les étirements preconisés sur une chaîne YouTube pour soulager les lombaires.
C'est l'heure de se coucher.
Je vais bien dormir.
Mais avant, je remercie une dernière fois mon super-héros à moi, celui sans lequel je n'aurais jamais envisagé de vivre cette aventure.
Vu les quelques retours que j'ai eus de cet article, je tiens à dire que je vais bien, en réalité. Évidemment j'ai (un peu) forcé le trait. En revanche pour Schrek et Tintin c'est vrai.😊
RépondreSupprimerEt dsl pour les fautes d'orthographe, c'est pas moi c'est Google.